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Hommage à Jacky Maurice

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Jacques Maurice, dit Jacky, était LE jardinier de La Duchère. Responsable de l’équipe des Espaces Verts du quartier depuis 1992, ce technicien de la Ville de Lyon était connu et aimé de tous : habitants, associations, enseignants, bailleurs, artistes, techniciens du Projet… Pour le GPV, c’était un partenaire de premier plan. Depuis 1999, il était de toutes les commissions cadre de vie en marchant et réalisait avec son service la majeure partie des petits travaux. Partant pour tous les projets, Jacky savait donner de son temps et partager son savoir-faire.

Le sens du partage

Tôt le matin, on le trouvait les mains dans la terre, aux côtés de son équipe, pour fleurir les quatre coins de La Duchère. Toujours avec le même sourire, il était encore là le soir, et parfois même le week-end, pour les temps forts du quartier comme pour les
coups de pouce aux jardiniers en herbe. Ce sens du partage lui a été transmis en héritage explique Andrée Foussart, habitante de Balmont. Comme Jacky, elle est originaire de Saint-Didier-au-Mont-d’Or et connait bien sa famille ; elle l’a même vu naître ! « Jacky aimait aller vers les autres, donner de lui-même, il a été élevé dans cette ambiance. Il a grandi auprès de ses parents et de ses grands-parents dans la ferme familiale. C’est de là qu’il a hérité sa passion pour la terre. Enfant, je me souviens qu’il était déjà un petit garçon très souriant, toujours d’humeur égale. »

Solide comme un chêne

Grand et solide comme un chêne, il ne pliait pas devant les difficultés pour ouvrir des voies entre les générations et les cultures. En 2002 par exemple, pour évacuer des troncs d’arbres abattus dans le bois de Balmont, il avait fait venir des chevaux de trait et offert aux petits Duchérois une journée magique. Les années suivantes avaient été marquées par des fenaisons à l’ancienne dans le parc du Vallon. Jacky a aussi installé des ruches à La Duchère. Récolté par un apiculteur de la région, le miel (de la rue) des Contrebandiers est aujourd’hui encore offert aux associations locales et aux Restos du Coeur.

Anne Bousquet, responsable de l’association Demain Ensemble témoigne également : « Jacky laisse un grand souvenir sur le quartier. Il occupait une place importante dans notre vie. Il est parvenu à faire respecter son travail et celui de ses équipes par ses contacts et en particulier ses interventions dans les écoles. Pour notre association il a créé de très beaux décors à base de végétaux lors des spectacles de la Semaine Bleue : buissons, bois, potirons… Les enfants se sentaient comme dans un vrai théâtre ! Nous avons apprécié sa bonne humeur et son attitude toujours positive : pas de problème nous disait-il… »

Si Jacky était un lieu ce serait le parc du Vallon. Ce parc, il en connaissait les moindres détails. Le projet de réaménagement du Vallon lui tenait à coeur et c’est tout naturellement qu’il s’était investi dans la concertation, permettant aux techniciens, habitants et enfants de comprendre l’histoire de ce lieu unique.

Jacky Maurice est décédé le 29 juillet 2011, des suites d’une longue maladie, il avait 54 ans. Lui, si modeste, aura pourtant marqué profondément La Duchère.

Sa disparition laisse un grand vide dans le coeur des Duchérois. Ceux-ci ont émis le souhait qu’un lieu porte un jour son nom dans le parc du Vallon, afin que le quartier n’oublie jamais son jardinier.

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3 commentaires


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Hommage à Jacky Maurice par ami(s) (es) du vergoin, 25 avril 13:32

ma fille habitant la duchere ,je n’apprends que maintenant cette triste nouvelle au nom de nous tous qui avons travaillé ensemble,et nous souhaitons de tout coeur qu’un petit coin de ce quartier porte son nom.pensées à sa famille.

Hommage à Jacky Maurice par andrèe duchampt " ecole maternelle les géraniums, 9 janvier 14:10

c’est avec beaucoup de tristesse que je viens d’apprendre le décès de Jacky . Ce grand chène nous a quitté. Alors toutes mes condoléances à toute sa famille. Il va beaucoup nous manqué. Amicalement

Hommage à Jacky Maurice par Catherine Panassier, 5 janvier 15:10

Je n’apprends qu’aujourd’hui cette triste nouvelle, et me permets de lui redonner la parole en vous transmettant une interview que nous avions réalisée en 2005 : « Nous sommes jardiniers mais aussi fabricants de lien social... » Interview de Jean-Louis Noyel et Jacky Maurice, Responsables du secteur Duchère, direction des espaces verts de la Ville de Lyon Propos recueillis le 18 octobre 2005 par Catherine Panassier - www.milenaire3.com Vous faites partie de la Direction des Espaces Verts de la ville de Lyon, pouvez-vous présenter votre mission ? Notre mission est d’entretenir le vert de la ville, c’est à dire l’ensemble des espaces verts municipaux, les squares, parcs, jardins et espaces publics végétalisés. Aujourd’hui, nous intervenons également, dans certains quartiers et par le biais de conventions, sur des espaces verts appartenant à différents bailleurs de logements sociaux. En quoi votre mission à la Duchère diffère t-elle de celle de vos collègues en charge du centre ville ? Sur le quartier de la Duchère, il y a plus d’espaces verts et moins de jardins publics clos. Notre intervention est de fait, à la base différente. De plus, intervenir dans un quartier comme la Duchère nécessite de s’adapter aux particularités des modes de vie du quartier. Dans ce type de grand ensemble, soumis à diverses pressions, les services publics se retrouvent dans l’obligation d’innover pour garantir un service de qualité qui donne satisfaction aux usagers. Ne pas baisser les bras face aux actes de détérioration ou aux différentes formes d’agression a été la motivation de toute notre équipe. Nous restons lucides, discrets, techniques, centrés sur notre métier tout en nous inscrivant dans une démarche profondément humaine et ainsi, nous sommes sereins. Dans quel état d’esprit travaillez-vous ? Nous sommes au service des gens. Nous ne sommes pas chez nous, nous nous considérons comme invités. Nous allons à la rencontre des gens pour mieux cerner leurs attentes et mieux adapter nos interventions. Notre objectif est de les satisfaire en améliorant leur cadre de vie. Notre priorité est avant tout l’intérêt général des habitants au-delà de celui de chaque collectivité locale ou bailleur. Respecter, discuter et répondre aux attentes immédiates, sont nos maîtres mots. Nous sommes jardiniers mais aussi fabricants de lien social. Quelles sont les caractéristiques majeures de votre méthode de travail ? Nous travaillons en partenariatavec les habitants, les associations, les écoles, les autres services publics (voirie du Grand Lyon, régie de quartier...) et avec la mission GPV (Grand Projet de Ville) en charge du renouvellement urbain du quartier. Dans l’exercice de notre métier, nous adaptons la technique aux modes de vie, aux usages et aux habitudes. Par exemple, nous regroupons nos interventions (tonte, taille...) sur un espace donné pour limiter les nuisances. Nous n’intervenons pas le mercredi après midi pour respecter la tranquillité des mères de famille et des enfants. Nous avons adapté les temps et les horaires d’arrosage aux usages que nous avons repérés. Nous privilégions la plantation de fleurs à celle d’arbustes généralement moins respectés. A l’occasion de nouvelles plantations, nous écoutons les préférences des habitants en terme d’essence d’arbre. C’est ainsi que nous avons été amenés à planter des tilleuls par exemple. Nous procédons de la même façon lorsque nous plaçons ou remplaçons des bancs publics pour les positionner en fonction des attentes ou des usages. Vous conduisez des actions qui vont au-delà du simple jardinage, qui impliquent notamment les écoles et les associations locales, pouvez-vous en présenter quelques unes ? Ce travail de collaboration avec les écoles pour sensibiliser les enfants au cadre de vie, nous l’avons commencé dès la fin des années 1980 avec la mise en place du DSQ (Développement Social des Quartiers) qui devint DSU (Développement Social Urbain) puis GPV (Grand Projet de Ville). Ces dispositifs mis en place par l’Etat et les collectivités ont permis de développer des actions transversales à l’échelle d’un quartier. Au départ nous intervenions pour les petiTs, dans les cours d’écoles en créant de micro-jardins et nous organisions des chantiers d’été pour les plus grands. Au fil du temps, les actions ont évolué. Par exemple : Avec la Maison Municipale de l’Enfance, nous avons crée un premier jardin collectif de 400m2 pour les enfants qui participaient aux activités de la MME mais aussi pour les familles par l’attribution de parcelles soit collectives soit individuelles. À travers ce projet, « un jardin pour une cuisine du monde », nous voulions offrir aux enfants la possibilité de découvrir le jardinage et aux mères de famille, celle de fabriquer des plats propres à leur culture pour valoriser leur savoir faire et faire (re)connaître leur culture. Aujourd’hui, le jardin existe toujours même si les femmes sont un peu plus en retrait et si la part de parcelles individuelles est devenue plus importante. Il va même s’agrandir. À la sauvegarde (un des quatre sous quartiers de la Duchère) nous avons également participé à la création d’un jardin collectif : « Les parents initient les enfants au jardinage ». Là encore, ce fut une très belle aventure. Le jardin est maintenant géré par le centre social. Au-delà des jardins collectifs, conduisez-vous d’autres types d’action ? Oui, chaque année nous organisons un temps fort autour d’un thème et dans un esprit festif. Les thèmes varient du débardage de bois avec chevaux à la moisson du blé en passant parle foin, le lâché de coccinelles ou encore la fabrication de miel à partir de nos propres ruches. Aujourd’hui, nous travaillons sur la création d’un sentier pédestre éducatif entre Vaise et la Duchère, tout un programme... Pour la ville, il s’agit d’un nouveau type d’intervention, qu’est-ce que ces projets ont modifié dans l’exercice de votre métier ? L’intérêt de notre démarche est d’avoir enrichi notre métier de base. En optant pour une approche plus globale et plus humaine, on a gagné en efficacité et en qualité de travail. Les usagers sont satisfaits et c’est notre plus grande satisfaction. Ceci dit, notre démarche comporte aussi des contreparties qu’il faut assumer comme la perte de l’anonymat ou une exigence plus forte en terme d’entretien. Pensez-vous que votre démarche s’inscrit dans une politique de développement durable ? Par notre volonté d’associer les habitants et ainsi d’induire un plus grand respect des espaces, des végétaux comme du mobilier, nous concourons à une politique de développement durable. De plus, nous installons du mobilier urbain fabriqué à partir de matières recyclées et nous n’utilisons plus de fongicide. A la Duchère, jardiniers et habitants ont tissé des liens, qu’est-ce qui vous a réuni ? Ce rapprochement entre habitants et jardiniers a été facilité par le fait que nous sommes reconnus comme des artisans de la nature qui concourent à l’embellissement du cadre de vie. De plus notre intervention est offerte, gratuite, c’est du service public à l’état pur. On constate une augmentation de demandes d’espaces verts et de jardins en ville, comment expliquez vous ce phénomène ? Les gens sont demandeurs de nature en ville et notamment dans ces quartiers. Les espaces verts participent de l’image du quartier et l’image du quartier c’est aussi l’ image des habitants. De plus, beaucoup de personnes sont de condition modeste, sans maison de campagne, sans moyen pour partir en week-end ou en vacances, donc il y a une grande demande d’espaces verts de proximité et l’appropriation de ces espaces est d’autant plus forte qu’ils sont les seuls accessibles. Votre mission évolue, qu’elles sont vos nouvelles perspectives ? Nous évoluons vers plus d’embellissement, vers une plus grande valorisation du cadre de vie de la Duchère en général et des espaces verts en particulier. Avec la réalisation du Grand Projet de Ville et des nombreuses démolitions, la sociologie du quartier change. Les habitants sont déjà bien moins nombreux. De fait, notre mission va évoluer. Nous sommes à un tournant, nous assistons à la fin d’une époque et à la naissance d’une autre qui pour nous n’est pour l’instant que virtuelle, plans et projections. Et, comme nous avons vécu des moments forts, nous ne pouvons pas nous empêcher d’être un peu nostalgiques. Ceci étant, nous travaillons en étroite collaboration avec les concepteurs. Nous apportons notre connaissance du quartier et les enseignements de nos expériences. Notre priorité va plus porter sur une amélioration de nos pratiques professionnelles en entretien d’espaces verts. Par exemple, nous travaillons avec les experts du jardin botanique du parc de la tête d’or pour améliorer le fleurissement. Nous avons de riches échanges avec les paysagistes du GPV.


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