C’est sur l’une des trois collines de Lyon que le quartier de La Duchère est construit au début des années 1960 en réponse à une crise aiguë du logement au sein de l’agglomération lyonnaise. Des milliers de familles s’y installent (20 000 habitants en 1970), tissant une vie sociale aujourd’hui encore très riche.
Dès son origine, ce quartier a une vocation presque uniquement résidentielle (5 300 logements) et concentre 80% de logements sociaux, ce qui freine la mobilité résidentielle au sein du quartier et contribue à sa paupérisation et sa désaffectation progressives : en 2003, La Duchère ne compte plus que 12 500 habitants. Malgré son inscription dès 1986 dans les politiques de « Développement Social des Quartiers », les indicateurs sociaux sont restés inquiétants. En 1999, le taux de chômage est de 22% pour 12% sur Lyon.
Sur le plan de l’urbanisme, l’un des dysfonctionnements majeurs du quartier concerne son rapport au sol, marqué par une juxtaposition de plateformes, de parkings et de voiries. Construites très rapidement, les barres ont mal vieilli : unités d’habitations de 330 à 340 logements (à l’exception du quartier de La Sauvegarde), problèmes de distribution des logements, appartements de petite taille, mauvaise isolation thermique et phonique… À l’échelle de La Duchère, cet urbanisme de barres (avec la célèbre « Barre des 1000 ») n’a pas favorisé l’émergence d’une centralité ; à l’échelle de l’ouest lyonnais, il a contribué à son isolement par rapport aux communes limitrophes.
Face à ces dysfonctionnements urbains, sociaux, mais aussi économiques, les acteurs publics engagent un projet ambitieux pour un développement durable de La Duchère. Le « Grand Projet de Ville » est mis en place ; sa 1ère phase fait l’objet d’une contractualisation sur la période 2003-2012. Cette politique volontariste, engagée par la Ville de Lyon et le Grand Lyon, est soutenue par l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU), le Département du Rhône, la Région Rhône-Alpes, l’Etat, l’Agence Nationale pour la Cohésion Sociale et l’Égalité des Chances (ACSE), Foncière Logement, la Caisse des Dépôts, l’Europe, ainsi que les bailleurs sociaux présents à La Duchère (OPAC du Rhône, OPAC du Grand Lyon, SACVL, Alliade Habitat).
Le Projet Lyon La Duchère entend désenclaver le quartier, améliorer durablement les conditions de vie des Duchérois et transformer l’image de La Duchère pour en faire un quartier attractif de Lyon.
Retendre des liens avec l’agglomération
La situation de promontoire de La Duchère, entre plateaux de l’ouest lyonnais et vallée de la Saône, a fondé l’implantation du Château, puis du Fort. Au XIXe siècle, le site est un lieu d’échange et de passage entre Lyon et son arrière pays occidental. Dans les années 1960, le plan de masse du grand ensemble a contribué à isoler le site de la ville centre et du plateau lyonnais. Les circulations organisées pour le déplacement automobile ont divisé le quartier en sous-secteurs autonomes. Le mode de construction dans l’urgence, « au chemin de grue », a renforcé l’enclavement par une implantation bâtie en rupture avec la topographie. L’implantation d’immeubles longs de 160 m et hauts de 50 m, sur des terrassements horizontaux, a généré des ruptures de niveaux importantes.
En 1999, un marché de définition sur les espaces publics (dessinés par Alain Marguerit) a proposé de régénérer la forme urbaine sur les bases d’un rapport renouvelé aux espaces publics et à la topographie.
Fondements du projet urbain, la valorisation du paysage et la recomposition des espaces publics en sont des invariants. Le plan de référence qui en découle est donc évolutif et partagé entre les maîtres d’ouvrage et les concepteurs.






